» Aujourd’hui je vais être impardonnable. Rien à écouter, rien à voir. Le nom du groupe prête à confusion. Les Bad Brains de Washington DC ont emprunté le même au Bad Brain des Ramones, mais eux au moins ont fait carrière. Les miens sont du Havre et ils n’ont pas eu à changer de nom. Ferraille de guitares, punk provincial. Un seul mini-LP et rideau. (…) Bad Brains c’est la couleur locale. Gris garage plus que vieilles pierres. Petits frères des Dogs de Rouen. Peuple obscur des bébés Stooges, fier, sans concessions (pas eu le temps d’en faire). Sans ambition ? Jamais su.
(..) Un jour, les Bad Brains ont traversé la Manche pour enregistrer six titres avec Robert Ash (celui du premier B52’s ?) et Barry Sage. Koulla Kakoulli est passée faire des chœurs. Qui ça ? Une fille qui chantait sur les premiers Only Ones. Sa voix au refrain de Hanging around, c’est du papier tue-mouches et j’y colle à chaque fois. Le reste ? Le genre de came qu’on s’enfilait tous les jours quand on aimait les Real Kids. Avec le petit truc de proximité (?) qui agrippe les tripes. C’est mâché en anglais comme un bout de rosbif recuit. Les paroles : des mots découpés ailleurs et collés sur du papier brouillon taché d’encre. La guitare lance un crochet et ne lâche pas sa proie. Aaah… Lookin’ about for you… Qu’est-ce qu’il cherche ? Une fille. Qu’est-ce qu’on cherche ? Une fille, une chanson ? But there ain’t no way that you’re found… Pour partager la vieille madeleine, il va falloir fouiller. M’insulter peut-être ensuite. Je n’y peux rien, elle me poursuit. Mais vous, Bad Brains, where are you ?  »

– Télérama

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