• A cette époque je vivais sur la voie rapide « Living in the Fast Lane ». En fait on tournait tellement entre l’Angleterre et la France que je n’étais pas souvent au Havre. Sur la route défois je ne savais même pas où j’étais tellement on était speed et fatigué et heureux d’être sur la route tout de même.. En ’76 gros souvenir : le concert sur la place de l’Hôtel de Ville. Inoubliable. J’entendais parler du Rock havrais…petit à petit Le Havre devenait la ville ROCK de France mais plutôt vers la fin des ’70’s avec les groupes comme FIXED UP dont j’avais écouté l’album et que j’aimais bien. et ça continuait avec la saga de Vincent Lebodo et des CROAKS, Dominique et ses CITY KIDS, les OX du Mont Gaillard, plus tard les Scamps.
    Musicalement on en était toujours à notre Rock’n’Roll dur mâtiné des groupes de Detroit comme le MC5 et toujours les 60’s anglais comme les ANIMALS, les SMALL FACES pour leur côté RNB. Sur la route on cotoyait DR FEELGOOD ou EDDIE ‘N’ THE HOT RODS, COUNT BISHOPS, STRANGLERS, MOTORHEARD et Johnny Thunders HEARTBREAKERS. On croisait les SEX PISTOLS à Londres et sur les gros festivals LES CLASH, LES DAMNED et tout les groupes de cette époque là.

    • Little Bob
  • En 1970 j’avais 15 ans et j’écoutais les Stones, Alice Cooper , Black Sabbath, Ten Years after, les Who etc. que j’achetais aux Galeries , chez Syracuse ou au Diapason. Ma jeunesse avait été bercée par les 45t de mes grandes sœurs et j’ai grandi au son des Animals, Kinks, Spencer Davis group, Otis redding, Stones, ? mark & the mysterians etc. …

    Au début de cette décennie, le rock au Havre était inexistant ou presque , je me souviens tout de même d’un des premiers concerts de LBS à la salle François 1 er en 1971 ( ?) ou il reprenait du LED ZEP.et d’une après midi torrentielle dans la salle paroissiale de St Joseph avec 5 groupes havrais dont Engrenage et Question qui jouait du Steppenwolf. Il y avait 3 ou 400 lycéens là dedans et c’était chaud ! moi je faisais le light show.

    Après , en 72 ,comme beaucoup , j’ai sombré dans le rock léthargique avec Ange, Van der Graaf, Pink Floyd, Soft machine etc… Mon sauveur intervint en 1973 , en ouvrant en face de mon lycée, une boutique qui s’appelait « Crazy little thing « ! j’y ai retrouvé des groupes que je connaissais déjà comme le Velvet et les Stooges mais surtout à nouveau du rock avec Ducks de Luxe, les Groovies, mais aussi Roxy music ou les Sparks . je fus le premier client de Crazy mais je n’appris que quelques temps après que le tenancier s’appelait Philippe Garnier, « celui qui écrit dans R&F ? « , lui avais je demandé.

    Rapidement, mon ainé de six ans, me proposa de le remplacer lors de ces déplacements de journaliste style interview de M. Jagger à Londres. Alors les horaires de la boutique étaient du genre : 10h/10h15 pendant la récré, 12/14 h pendant la cantine et après mes cours jusqu’à 19H. Ensuite j’apportais la recette ,quand il y en avait une ,chez ses parents qui habitaient à coté.
    Crazy c’était magique et on y découvrait tous les jours quelque chose !
    En 1974 La Story de Bob fit un concert mémorable à l’UCJG qui déchaina les foules ? Les Dogs de Rouen firent de même un peu plus tard et pour moi ce fut une révélation totale. Garnier soutenait les deux groupes à travers ses diatribes dans Rock & Folk alors que la pays était dans un désert rock total..

    Mr Garnier père, président du club de foot des « municipaux », se démenait pour faire rentrer de l’argent dans la caisse de l’asso. Moi j’avais organisé un concert de Caravan mi 1973 et j’avais gagné une petite somme , réinvestie aussitôt en vinyl. Philippe conseilla alors à son père de se lancer dans les concerts avec l’aide de Yves Guillemot à qui Philippe venait de vendre sa boutique pour émigrer en Californie. En 1975 ce fut Doctor Feelgood et le R&R Christmas , concerts inoubliables pour ceux qui y étaient (Wilco Johnson sur scène !!!!)

    Yves transféra Crazy Rue Maréchal Gallieni et devint le disquaire « Killer » « home of Dr Feelgood ». Il fallait le voir danser dans sa boutique, la musique à fond ! Les concerts s’enchainèrent les années suivantes avec Eddie & the Hot Rods, Les Flamin’ Groovies, les Ramones, les Stranglers, Jam, les Damned , Motorhead … Le punk était arrivé courant 76 et pendant 4 ans on a mouillé les chemises.

    Yves était parti à Londres mais Crazy continua de 77 jusqu’ en 80, surfant sur la vague punk new wave. C’est à cette époque que dans le sillage de Bob ,dont la carrière décollait ,que naissait la scène rock Havraise. Les précurseurs en 76, s’appelait 6,35 Colt Suicidor ou Ultraviolet puis apparurent en 78/79 les OX, Teenage Riot, Vinyl street, Lipstick, Bloodsuckers etc .

    Les OX de Mont Gaillard furent pour moi l’exemple type du Rock Havrais . Ces mecs debordaient d’énergie et avaient une mini horde de fans qui se déchainaient lors de leurs concerts. J’avais entamé à l’époque ma courte carriére de manager des Dogs, et je les conseillais au mieux de mon savoir. Ils firent alors leur premier 45t. Je me souviens aussi des débuts des Teenage Riot, les plus punks de la bande avec Ginger et sa terrible dégaine. Jean Marc (pas encore Minelli) avait déjà ,très jeune, la grande classe ! Il est clair que sans BOB et les Dogs ainsi que Crazy , tout ceci ne serait pas arrivé !

    Au début des années 80 , des tensions apparurent et les choses changérent .Il était temps pour moi de prendre mes distances jusqu’au jour où Laury retrouva ma trace dans ma grotte tapissée de mes vieilles affiches.

    • Jean-Marc Peltier